Perplexity avait déjà un agent pour les tâches longues, Computer, qui découpe une demande, cherche, produit des fichiers et rend un résultat (présentation dans notre guide Perplexity Agent). Teammates ajoute une idée simple : au lieu de relancer l’agent à chaque tâche, on lui donne un poste.
Qu’est-ce qui a changé le 4 novembre 2026 ?
Le 4 novembre 2026, Perplexity a publié sur son blog « Teammates are agents for complex, ongoing work » : des agents personnels qui planifient et coordonnent un projet, changent d’approche quand les priorités bougent, surveillent le travail en arrière-plan sans attendre un nouveau prompt, retiennent les objectifs, l’historique et les fichiers du projet d’une session à l’autre, et présentent leurs résultats pour relecture. Les exemples de l’éditeur couvrent le marketing (suivi de campagnes, veille concurrentielle), la vente (repérage d’opportunités, relances), le support client (tendances, suivi des dossiers) et les opérations (échéances, coordination des fournisseurs).
| Point | Ce que dit Perplexity au 7 novembre 2026 |
|---|---|
| Statut | Aperçu de recherche (« research preview ») : le comportement peut changer |
| Qui y a accès | Les abonnés individuels de l’offre Max ; Enterprise Pro et Enterprise Max ne sont pas inclus par défaut, il faut s’adresser à l’administrateur de l’organisation |
| Où | Sur le web ; iOS et Android annoncés |
| Prix | L’offre Max coûte 200 $ par mois, ou 2 000 $ par an sur le web (soit environ 167 $ par mois, le chiffre repris par la presse) ; pendant une période promotionnelle, l’usage des teammates est gratuit sur Max, puis il consomme les crédits de l’offre |
| Outils connectés | Slack, Gmail, GitHub (avec choix des dépôts autorisés), Linear et d’autres connecteurs |
| Modèle | Claude Opus 5.5 par défaut, modifiable pour chaque teammate |
| Isolement | Chaque teammate travaille sur son propre ordinateur isolé, avec son navigateur ; les identifiants sont chiffrés et il ne peut pas les lire |
Ce que ça change pour une TPE ou une PME : la délégation passe de « fais cette tâche » à « tiens ce rôle ». C’est utile pour un suivi qui dure (une veille, un tableau de relances, la surveillance d’un canal), mais l’offre reste pensée pour un abonné individuel. Une entreprise qui équipe une équipe attendra que son offre Enterprise l’inclue ou que l’administrateur l’active.
Computer ou teammate : quelle différence ?
Les teammates reposent sur Computer et réutilisent ses briques : projets, compétences enregistrées, mémoire et automatisations planifiées. La différence tient à la durée et au rôle.
| Une session Computer | Un teammate | |
|---|---|---|
| Ce qu’on lui confie | Une tâche, avec un livrable | Un rôle et une mission, qu’il garde jusqu’à ce que vous les changiez |
| Déclenchement | Votre demande (web, email, Slack) ou une automatisation | Il reprend de lui-même : automatisations et surveillance des outils connectés |
| Mémoire | Celle de vos sessions | Les objectifs, l’historique des tâches et les fichiers partagés du projet ; il applique vos retours aux tâches suivantes |
| Travail à plusieurs | Plusieurs agents pour une même tâche | Plusieurs teammates, chacun avec sa responsabilité, qui partagent le contexte d’un projet |
Pour une demande ponctuelle, une session Computer suffit, par exemple par email. Le teammate ne se justifie que si le travail revient et demande du jugement à chaque fois ; si le traitement est toujours le même, un workflow fixe sera plus prévisible.
Que déléguer à un teammate dans une PME ?
Trois questions trient les candidats : la tâche revient-elle sans fin définie ? Demande-t-elle de choisir à chaque fois (quoi lire, quoi signaler) ? Une erreur est-elle rattrapable avant d’atteindre un client ? Trois oui, c’est un bon candidat.
- Bons candidats : une veille concurrentielle sur des sources publiques, une synthèse des questions posées dans un canal Slack interne, le suivi des échéances d’un projet dans Linear, le repérage des devis restés sans réponse dans une boîte Gmail pour vous les signaler.
- À encadrer : tout ce qui envoie un message à l’extérieur (relances clients, fournisseurs). Gardez l’agent au stade du brouillon ; c’est vous qui envoyez.
- À ne pas déléguer : les décisions qui engagent l’entreprise (prix, contrats, recrutement), les données de santé ou de salariés, et toute action irréversible (paiement, suppression).
Ce tri entre ce qu’un agent fait seul et ce qui reste validé par une personne, nous le faisons poste par poste avec les équipes dans nos formations d’entreprise.
Exemple : la fiche de mission d’un teammate veille
Un dirigeant d’un cabinet de dix personnes, abonné Max à titre individuel, veut suivre trois concurrents sans y passer ses lundis. Le centre d’aide indique qu’à la création on donne un nom et un rôle, puis des consignes initiales dans le panneau « Advanced ». Voici une fiche de mission réaliste :
Teammate « Veille concurrents » · consignes initiales
Rôle « Tu suis les offres publiques de trois concurrents : [sites]. Tu ne travailles que sur des pages publiques. »
Mission « Chaque semaine, relève les changements : nouvelles offres, prix affichés, pages ajoutées ou retirées. Pour chaque changement, donne l’URL et la date à laquelle tu l’as lue. Si rien n’a changé, écris-le. »
Livrable « Une note d’une page dans le projet “Veille”, puis un message dans le canal Slack #veille : trois lignes maximum, lien vers la note. »
Interdits « Ne contacte personne, ne crée aucun compte, ne remplis aucun formulaire, ne publie rien hors de #veille. N’invente jamais un prix : écris “non affiché” s’il manque. »
Escalade « Si un concurrent annonce une baisse de prix ou une nouvelle offre sur notre cœur de métier, signale-le-moi en message direct et attends ma réponse. »
Avant d’agir sur une note, le dirigeant ouvre les URL citées : un changement mal lu suffit à fausser une décision. Écrire ce genre de fiche (rôle, livrable, interdits, escalade) est le cœur de la formation aux agents IA.
Garde-fous : compte, droits, données, contrôle
- Un compte personnel n’est pas un outil d’entreprise : Teammates vise les abonnés individuels de Max. Brancher un compte personnel sur la messagerie ou le Slack de l’entreprise sans accord, c’est de l’IA hors de tout contrôle (shadow IA). En PME, décidez d’abord qui peut l’essayer, sur quoi, et écrivez-le dans votre charte Perplexity.
- L’agent agit avec vos droits : selon le centre d’aide, un teammate utilise vos plugins avec les mêmes permissions et suit les permissions du projet. Le connecteur Slack, lui, peut lire les canaux publics et privés et les messages directs auxquels vous avez accès, et envoyer des messages en votre nom. Ne connectez que ce que la mission demande, et pour GitHub ne cochez que les dépôts utiles.
- Des instructions cachées dans ce qu’il lit : un agent qui surveille des pages web, des emails ou un canal partagé peut tomber sur un texte écrit pour le détourner. Les interdits écrits dans la fiche et l’absence de droits d’envoi externe limitent les dégâts.
- Données personnelles au minimum : faire lire une boîte mail ou un canal par un service tiers est un traitement soumis au RGPD ; la CNIL a publié en juillet 2026 une note exploratoire sur l’IA agentique et la protection des données. Préférez des missions sur des sources publiques ou vos propres données.
- Un point de validation humaine : l’éditeur présente les teammates comme des agents qui soumettent leurs résultats à votre relecture ; gardez-le ainsi (validation humaine de l’IA). Suivez aussi la consommation sur la page « Usage » : après la période promotionnelle, chaque teammate consomme des crédits.
